domingo, 14 de abril de 2013

Spleen LXXVII

Je suis comme le roi d'un pays pluvieux,
Riche, mais impuissant, jeune et pourtant très vieux,
Qui, de ses précepteurs méprisant les courbettes,
S'ennuie avec ses chiens comme avec d'autres bêtes.
Rien ne peut l'égayer, ni gibier, ni faucon,
Ni son peuple mourant en face du balcon.
Du bouffon favori la grotesque ballade
Ne distrait plus le front de ce cruel malade ;
Son lit fleurdelisé se transforme en tombeau,
Et les dames d'atour, pour qui tout prince est beau,
Ne savent plus trouver d'impudique toilette
Pour tirer un souris de ce jeune squelette.
Le savant qui lui fait de l'or n'a jamais pu
De son être extirper l'élément corrompu,
Et dans ces bains de sang qui des Romains nous viennent,
Et dont sur leurs vieux jours les puissants se souviennent,
Il n'a su réchauffer ce cadavre hébété
Où coule au lieu de sang l'eau verte du Léthé.


--*--

Eu sou tal como o rei de um chuvoso país,
Rico, mas impotente, novo e já senil,
Que ignorando as mesuras dos meus preceptores,
Se enfastia com os cães e os animais da corte.
Nada pode alegrá-lo, nem falcões, nem caça,
Nem o povo a morrer diante da sacada.
Do seu bobo mais querido a grotesca balada
Já não altera a face do cruel doente;
Com flores-de-lis, transforma-se em sepulcro o leito,
E as damas em redor, pra quem os reis são belos,
Não conseguem arranjar atrevida toilette
Pra arrancar um sorriso a este jovem esqueleto.
O sábio que lhe faz o oiro nunca pôde
Extirpar do seu ser o elemento podre
E nos banhos de sangue, herdados dos romanos,
Que os poderosos lembram com o passar do anos,
Não soube reaquecer o cadáver inerte
Onde em lugar de sangue corre a água do Letes.

[trad. Fernando Pinto do Amaral, Assírio & Alvim, 1992]